The Quantum Quark, d’Andrew Watson
Andrew Watson est un journaliste doté d’un très bon bagage scientifique puisqu’il est docteur en physique (petite question au passage : combien de journalistes scientifiques Français peuvent en dire autant ?). Il entreprend dans cet ouvrage passionnant de retracer l’extraordinaire aventure intellectuelle qu’a constitué l’élaboration de la théorie des quarks et des forces nucléaires fortes. Voilà qui n’est pas a priori un sujet très vendeur, moins en tout cas que le big-bang, la théorie des cordes, ou des univers parallèles. Pourtant Andrew Watson réussi à faire ressentir au lecteur l’étendue du mystère qui a plané pendant de longues années sur la structure interne des nucléons et sur la force responsable de la cohésion des noyaux atomiques : la force nucléaire forte. Sans parler de la pléthore de hadrons et autres « résonances » que les accélérateurs de particules sont parvenus à fabriquer, tandis que les théoriciens avaient toutes les peines du monde à y mettre un peu d’ordre. C’est un immense accomplissement de l’esprit humain que d’y être finalement parvenu, grâce aux efforts conjugués de centaines de physiciens, qui ont fini par mettre au point la « chromodynamique quantique ». Cette théorie, de la famille des « théories de jauges non-abéliennes » (A. Watson explique très bien de quoi il s’agit, bien mieux que je n’ai su le faire moi-même ici), est d’une telle complexité qu’il n’est pas simple de l’utiliser, et qu’elle n’est même pas encore comprise dans tous ses aspects (notamment celui du confinement des quarks, qui n’est pas démontré). Watson réussit à donner une image très claire au lecteur de l’état d’avancement de la science dans ce domaine, tout en utilisant un langage simple mais sans jamais trahir les idées fondamentales. C’est à mon avis exemplaire du point de vue de la vulgarisation. Un seul petit reproche : la description de l’arsenal technologique utilisé par les expérimentateurs est parfois un peu longue (en tout cas à mon goût), et il m’est arrivé de sauter quelques passages. Cela ne nuit d’ailleurs pas à la bonne compréhension du texte puisqu’un lexique très bien fait en fin d’ouvrage permet de se retrouver dans les termes techniques introduits.
Finalement le seul défaut de ce livre est peut-être de ne pas être traduit en Français !